La conférence de presse des 13 étonnés a eu lieu ce matin 22 novembre 2012. L’objectif de cette rencontre était « d’initier une démarche pouvant nous conduire à adopter un Plan numérique pour le Québec« . Au coeur de cette démarche, il y a un profond changement culturel et organisationnel, beaucoup plus qu’uniquement technologique. Le Context Shifting Process (CSP) pourrait s’avérer un puissant allié pour collaborer ensemble et surtout passer à l’action.
C’est quoi le Context Shifting Process (Processus d’amélioration du contexte) ?
Il s’agit d’un outil qui a été conçu à la NASA et qui est présenté dans le livre How NASA Builds Teams. Je l’utilise à l’occasion dans mes démarches et je suis toujours agréablement surpris des résultats. Il peut être utilisé autant pour régler un conflit qu’amorcer un changement de contexte.
L’outil tient en une page et est divisé en 6 sections.
1- Définir la situation / le problème
Élément crucial et point de départ. Voici les questions à se poser:
- Quelle est la situation ?
- Quel est le résultat désiré ?
- Quels sont vos scénarios en tête (story-lines) ?
- Quels sont leurs scénarios en tête (story-lines) ?
- Votre sentiment face à la situation ?
2- Être reconnaissant
Une fois que la situation est bien définie, il faut partir sur de bonnes bases. Si dès cette deuxième étape, il vous est impossible de répondre aux questions, n’envisagez pas de solution durable pour la suite.
- Que pouvez-vous apprécier des gens impliqués ou de la situation ?
- Qu’est-ce que vous voulez qu’ils veulent également ?
3- Être authentique
Si vous êtes en mesure d’aller de l’avant, il vous faut maintenant penser aux personnes à inclure dans le débat.
- Qui devons-nous inclure pour travailler sur cette situation, sur ce problème ?
- Y a-t-il des ententes (implicites ou explicites) qui sont déjà en place ? Est-ce que certaines ententes ont été brisées et doivent être corrigées ?
4- Être créatif
Il est maintenant le temps de créer une vision qui permettra de rallier les camps, plutôt que de les diviser.
- Quels optimisme réaliste et vision peuvent créer ce que NOUS voulons tous ensemble ?
- Envers quels résultats sommes-nous 100% engagés ?
5- Être responsable
Finalement, pour ne pas rester dans la vision, il faut agir de façon responsable et favoriser l’action.
- Quels états dramatiques (drama-states) devons-nous éviter ou nous sortir ?
- Quels RRA (rôles, responsabilités, autorités) individuel et d’équipe – au sens large – avons-nous besoin de clarifier et établir ?
6- Passer à l’action
Dernière étape du processus d’amélioration du contexte, il faut identifier les actions spécifiques qui doivent être entreprises, de même que préciser les requêtes à faire. Il n’y a plus de questions. Il faut se rallier pour mettre en oeuvre.
En résumé
La mise sur pied d’un Plan numérique est avant tout un changement de contexte. Pour favoriser sa création, l’outil éprouvé Context Shifting Process est selon moi à considérer pour éviter une communication qui ne mène nul part. Je ne suis pas un expert de cet outil, mais j’ai pu voir par le passé, à plus petite échelle, qu’il permet de passer à l’action.
J’imagine un fichier partagé via Google Drive ou peut-être un wiki, où les gens pourraient répondre aux questions mentionnées ci-haut et collaborer à la discussion.
Ça vous tente ?
@Mathieu, je suis d’accord avec ta proposition (co-création des solutions). Mais un espace de collaboration n’a-t-il pas été évoqué dans un des flux de communication des 13 ?
@Josée probablement que oui. Avec 13 voix (certains via leurs blogues respectifs) et 2 sites (Plannumeriquequebec.org et democratieouverte.org/planqc), j’avoue que je ne savais pas où insérer mon ajout. J’ai donc décidé de demander à mes lecteurs leur avis, question de mettre de la viande autour de l’os, pour ramener ensuite vers … on verra lorsque ce sera plus clair. À moins que tu ne puisses m’aiguiller tout de suite…
@Mathieu, je viens de le communiquer à mon réseau : « la démarche est maladroite et le message n’est pas clair. C’est dit. Maintenant, quand et où pouvons-nous participer à l’élaboration de propositions ? ».
Je soutiens ton pragmatisme et la démarche de changement qu’est le fameux plan ce serait aussi une démarche de consultation 2.0. Depuis ma participation aux divers « camps » de démocratie 2.0, j’ai découvert pas mal de sources d’information pour répondre à ta question. Le plus étonnant, ce sont les initiatives entreprises dans des pays africains, dont l’Ouganda. Le concept de démocratie ouverte s’est répandu et avec lui, le développement d’outils technologiques (surtout en code libre, pour faire tomber l’argument « budget serré »). Pour la démarche, il y a également de nombreuses variantes de l’approche que tu a mentionnée précédemment. Tu peux trouver pas mal de pistes en cherchant « citizen participation tool » sur Google. Quelque soit l’outil, ce sont les principes de participation qu’il faut respecter. En ce sens, les facteurs de succès de la méthode C.L.E.A.R. constituent un excellent guide :
Can do – Have the knowledge and resources to participate.
Like to – Have a sense of attachment that reinforces participation.
Enabled to – Are provided with the opportunity for participation.
Asked to – Are mobilised by official bodies and/or voluntary groups.
Responded to – See evidence that their views are being considered.
J
Merci Josée pour ce complément très pertinent!