Il serait temps d’emboîter le pas au web social

Cette réflexion a débuté avec l’article de Marie-Claude Ducas il y a deux semaines, intitulé Aux « champions du 2.0″ qui tapent sur les « déconnectés ».  L’élément essentiel selon moi se retrouve dans l’introduction.  Madame Ducas écrit:

C’est en train de devenir une mode, ces temps-ci, de clouer au pilori ceux qui commettent le péché impardonnable de « ne pas maîtriser la nouvelle réalité 2.0″.

Après avoir commenté le billet et échanger un peu, j’ai décidé d’amener la discussion au webcamp qui avait lieu le 16 mai à Montréal.

Webcamp ?

Pour ceux qui ne connaissent pas (probablement nombreux), il s’agit d’un barcamp (non-conférence) qui se tient en marge du Webcom.  En somme, un lieu qui rassemble des gens passionnés par plusieurs sinon tous les aspects du web.  Les échanges sont inspirants et les questions sont parfois déstabilisantes.  On peut y croiser, selon l’événement, plusieurs acteurs du web montréalais: Sylvain Carle, Martin Lessard, Laurent Maisonnave, etc.  Un incontournable pour ma part depuis quelques années.

Adoption des réseaux sociaux: je nous souhaite la curiosité

Après plusieurs minutes d’introduction, question de bien cerner le problème, 2 éléments ressortent (selon moi) en ce qui a trait à l’adoption des réseaux sociaux et à leur apprentissage:  curiosité ou crise.

Soit vous avez la curiosité nécessaire pour vous intéresser aux changements que le web2.0 apportent depuis presque 10 ans, soit vous vivrez une crise qui vous poussera malgré vous à vous y intéresser, quitte à y laisser des plumes.  Entre les 2, il n’y a que le temps qui passe.

Bruno Boutot, régulier des webcamps, a lancé ce commentaire qui illustre très bien le phénomène:

Quoi que vous fassiez, la marée monte.

Favorable ou non ?

Le problème dans cette approche (toujours selon moi), c’est que certains semblent vouloir précipiter ces crises.  Donc oui, pour répondre à Madame Ducas, il semble y avoir une mode de pointage du doigt pour tous ceux qui ont trop tardé à emboîter le pas et qui feront des erreurs.  Cela est ensuite amplifié, majoritairement par Facebook et Twitter, ce qui fait en sorte que tôt ou tard, la nouvelle (?) sera reprise dans les médias traditionnels.

Ce qui me désole, c’est que ce n’est pas le moyen idéal pour atteindre l’objectif désiré (qui je le rappelle est de faire en sorte que les entreprises changent et adoptent les réseaux sociaux ?!), même s’il s’agit d’un motivateur puissant. Surtout si au passage, nous écorchons des entreprises québécoises ou qui engagent des québécois.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tolérer les entreprises qui fautent.  Mais il faut au moins leur donner la chance de réagir et corriger le tir, ne serait-ce que quelques heures.  Il s’agit d’un changement de culture important, pas juste l’utilisation technique d’une technologie.

Sauf que…  Ce n’est pas ce qui va arriver.  La masse critique va amplifier cette rupture qui devrait durer quelques années encore.  Certains des pionniers, qui sont sur la voie 2.0 depuis le tout début, ont maintenant des disciples.  Je n’y vois aucun problème, tant qu’on vise à s’élever en tant qu’humain.

Alternative au bashing ?

Pour plusieurs, la peur (les peurs?) et l’analphabétisme numérique les empêchent tout simplement de plonger.  Même s’ils le veulent, ils sont paralyser.

Pour reprendre une citation de Danis Tanovic:

« Le plus long chemin consiste à aller de 0 à 1, pas de 1 à 2, 3, 4… »

Si vous avez des leaders ou des chefs d’entreprise dans votre réseau et que vous maîtrisez un tant soit peu les réseaux sociaux, aidez-les à se rendre à 1.  C’est à mon avis une alternative valable.

J’ai beaucoup aimé le commentaire de Sylvain Carle, présent également au webcamp, qui mentionnait que nous avions en quelque sorte une responsabilité sociale d’accompagner les gens.

Autre commentaire capté au vol:

Les vielles générations ont peut-être une courbe plus lente d’adoption, mais utilisent mieux les réseaux sociaux sur le long terme.

 

En résumé

Le web social modifie la donne depuis près de 10 ans.  Les leaders et chefs d’entreprises doivent prendre conscience de ce changement.  Les mauvais exemples et les crises s’accumulent.  L’idée n’est pas d’être expert du jour au lendemain, mais bien d’apprivoiser ces nouveaux environnements et de bien s’entourer aux cas où.  Gare aux faux pas, car certains se feront une joie de vous le faire savoir.  Et préparez-vous, la marée monte.

Si vous avez quelque chose à vous reprocher (manque d’éthique, de transparence, etc.), je suis bien désolé pour vous.  Ça va faire mal.

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